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Cours d'autodéfense pour femmes

24/01/2018

 

C’est en 2011 que j’ai participé, pour la première fois, au cours d’autodéfense pour femmes donné par Alain Aquilino et son équipe. J’y accompagnais une amie. Je n’étais pas trop enthousiaste, mais elle semblait y tenir, alors je suis allée pour lui faire plaisir. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’avais, dans tous les cas, peur de me faire mal et d’avoir l’air stupide (je n’étais pas très en forme à cette époque). Disons que j’avançais à reculons.

                                                                          

La journée a commencé par une séance d’information avec discussion. Si je pensais déjà tout savoir sur la violence faite aux femmes, je me suis vite rendu compte que c’était loin d’être le cas. Certaines questions m’ont d’ailleurs carrément prise de court. Est-ce utile de transporter une arme sur soi? Quel âge ont les victimes d’agressions sexuelles? Qu’est-ce que la légitime défense? Et l’autodéfense? Comment éviter de devoir y recourir? Ou, en d’autres mots, comment éviter de devenir une victime?

 

Est ensuite venue la partie pratique du cours. J’étais un peu timide, mais, comme j’étais entourée d’une trentaine de filles qui lâchaient allègrement leur fou, j’ai fini par me dégêner et y mettre du mien. Nous avons pratiqué les techniques avec notre partenaire, avec les assistantes d’Alain et, pour celles qui le souhaitaient, avec Alain et Jean-François. On dira ce qu’on voudra, faire semblant avec une autre fille et faire moins semblant avec un homme qui y met sa force et son poids d’homme, c’est assez différent. J’ai été rassurée de voir que je pouvais me libérer facilement de leur emprise. À la fin de la journée, je suis repartie chez moi avec une confiance renouvelée en sachant que je pourrais dorénavant sauver ma peau en cas d’agression. Et je plains maintenant le prédateur qui aurait la mauvaise idée de jeter son dévolu sur moi (j’ai repris le cours plusieurs fois pour parfaire ma technique)!

 

 

 

Comment cette initiative a-t-elle vu le jour?

 

Alain Aquilino pratique et enseigne différents arts martiaux (sogo budo jujutsu, aïki-jujitsu, gracie jiu-jitsu et karaté) depuis une trentaine d’années et forme des policières et des policiers en défense et en intervention physiques depuis plus d’une quinzaine d’années. C’est un homme de cœur comme on en rencontre peu. Il a créé le cours dans ses temps libres et le donne bénévolement depuis 2003. Il ne tient pas de comptes, mais on pourrait estimer qu’il a, déjà, changé la vie de près de trois mille filles et femmes, et ce, sans autre salaire que la satisfaction de savoir qu’elles se sentent dorénavant plus en confiance et en sécurité.

 

Comme on le sait, la police ne peut être partout. Et souvent, les agressions (physiques ou sexuelles) ne sont pas dénoncées. Or lorsqu’elles le sont, le mal est déjà fait. Conscient que les femmes ne peuvent compter que sur les forces de l’ordre pour les protéger, Alain a décidé de créer un cours d’autodéfense spécialement pour elles. Parce qu’il voulait faire une différence dans le quotidien des femmes, mais aussi parce qu’il en avait la capacité (et, selon lui, la responsabilité). 

 

En effet, les policières étant de plus en plus nombreuses, depuis les années 1980, il a été nécessaire d’adapter les cours à leur taille et à leur constitution. Alain s’est donc promené un peu partout au Canada et aux États-Unis pour voir comment ses élèves pouvaient travailler efficacement sans que leur petite stature représente un handicap ou un danger pour leur vie. Il s’est ensuite inspiré de ce qu’il avait appris dans le cadre de son travail et dans les arts martiaux pour créer, en 2003, la première version de son cours d’autodéfense pour femmes.

 

En 2007, il a fait la rencontre de Normand Bélanger, qui formait aussi des agents de police et offrait des cours d’autodéfense dans des centres pour femmes en difficulté. Ils ont décidé d’unir leurs connaissances et leurs forces. Ils ont ainsi creusé davantage du côté des lois, des statistiques, des arts martiaux et des techniques enseignées ailleurs pour monter un cours plus pratique qu’ils ont donné ensemble de 2007 à 2012. La demande étant grande et Normand ayant d’autres obligations, Alain a repris le projet entièrement sur ses épaules, s’entourant d’une équipe de filles suivant des cours d’arts martiaux à son école et ayant déjà participé à son cours d’autodéfense pour femmes. Parmi celles-ci se trouvent actuellement, entre autres, Margarita Kotruts, Julie Ouellette, Annick Cartier, Geneviève Allard et Marilena Arnoldo.

 

Alain donne maintenant le cours trois fois par année au grand public et, selon les demandes, dans des écoles, des centres d’aide aux femmes et autres. S’il peut compter sur un bon bassin de bénévoles féminines pour l’épauler dans son projet, un seul homme l’accompagne dans les cours. Non pas qu’il soit ardu de trouver des bénévoles masculins, bien au contraire! Il faut toutefois comprendre qu’il arrive régulièrement que des femmes ayant déjà vécu une agression se présentent au cours. Il est alors impératif, pour le formateur, d’être capable de le ressentir (sans même en avoir été avisé) et d’adapter son approche pour qu’elles se sentent assez en confiance pour passer par-dessus leur peur et intégrer la technique. C’est pourquoi Alain et Jean-François sont les seuls hommes présents.

 

 

Comment ça fonctionne?

 

Les filles et les femmes qui le désirent (qu’elles aient 10 ans ou 80 ans) peuvent envoyer un courriel à info@sogobudo.ca afin de s’inscrire à la liste de diffusion et d’être informées, à l’avance, de la date du prochain cours. Il est aussi possible de consulter, périodiquement, la page prévue à cet effet sur le site Web de l’école d’arts martiaux d’Alain. La première option est, selon moi, la meilleure (vous ne recevrez aucun autre courriel que ceux visant à vous informer de la date des cours à venir), car il faut se dépêcher de s’inscrire. Les places s’envolent vite.

 

Le cours se donne à l'Académie Martiale de Sogobudo de Laval. Ne vous méprenez pas, toutefois : même si le cours est (entre autres) inspiré des arts martiaux, ce n’est pas ce qu’on y apprend. On y découvre plutôt des stratégies et des techniques visant à nous sortir, rapidement, d’une situation problématique (quelqu’un qui nous agrippe par le bras ou les cheveux, qui nous accote au mur, qui tente de nous plaquer au sol, etc.) Et n’ayez crainte! Il n’est pas nécessaire d’être en très grande forme; il s’agit d’aviser Alain de tout problème de santé, et les mouvements seront adaptés en conséquence.

 

En avant-midi, les formateurs et les participantes se présentent (celles qui le souhaitent peuvent partager leur histoire, mais ce n’est pas obligatoire), puis on déboulonne les mythes sur les agressions. Alain répond aussi aux questions : « Est-ce que tous les coups sont permis? Qu’est-ce qui se passe si, en se défendant, on blesse grièvement l’agresseur? Les sifflets, le poivre de cayenne et autres gadgets… utiles ou pas? » Ensuite on prend quelques minutes pour manger (n’oubliez pas votre lunch!), se changer au besoin (il va de soi que la tenue de sport est de mise) et on se rend au dojo. Alain explique les techniques, puis on les met (gentiment) en pratique avec notre partenaire et avec Alain, Jean-François et les bénévoles, qui circulent dans la salle. Vous n’êtes pas à l’aise de vous faire agripper par un homme? Pas de problème; ce ne sont pas les filles qui manquent! Vous avez besoin de constater par vous-même qu’on peut réellement renverser un homme de 200 livres de muscles après avoir été clouée au sol? Il n’y a qu’à demander; Alain et Jean-François se transforment volontiers en punching bags pour la cause.

 

On voit ici le groupe du cours auquel j'ai assisté il y a deux ans et où j'ai amené ma mère et ma cousine. Comme on peut le constater, il y a des participantes de tous les âges, de toutes les tailles et de toutes les statures. Vous reconnaîtrez Alain et son équipe à leur chandail blanc arborant le logo de l'école. Jean-François est derrière la caméra.

 

 

 

Pourquoi c’est une initiative géniale?

 

Personne ne gagne un dollar en donnant ce cours. Ni Alain qui l’a créé, ni Normand qui l’a aidé à l’adapter, ni l’équipe qui passe son dimanche à se prendre des coups (avec des coussins, mais tout de même!). Il en coûte 60 $ par personne pour la journée. Cet argent sert à payer la location de l’endroit, les assurances, le matériel et la gestion de la page Web pour les inscriptions. Bref, Alain et son équipe font gracieusement don de leur temps et transmettent bénévolement leur savoir. Pourquoi? Pour que chaque femme présente puisse devenir, à son tour, un agent de changement. Pour qu’elle puisse veiller à sa propre sécurité, mais aussi montrer ce qu’elle a appris à sa mère, à ses filles, à ses sœurs, à ses tantes, à ses cousines, à ses amies, à ses collègues... Attention, toutefois! Ce savoir ne doit être partagé qu’entre femmes. Il est strictement interdit de s’exercer avec son copain, ses amis ou tout autre homme, car les agresseurs sont trop souvent des proches (et on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve).

 

Cela étant dit, si Alain doit, par la force des choses, nous mettre en garde contre certaines situations périlleuses et nous dévoiler certaines statistiques peu réjouissantes, il fait en sorte que la journée soit aussi amusante qu’instructive. Il n’essaie ni de nous faire peur ni de nous vendre des gadgets. Au contraire. Il nous enseigne des techniques et des stratégies pour nous permettre de vivre pleinement notre vie et de marcher la tête haute en sachant que nous avons tout ce qu’il faut pour veiller à notre propre sécurité.

 

Et il semble, à ce titre, que le travail d’Alain et de son équipe porte fruit. En 2003, quand le cours a vu le jour, la majorité des participantes avaient déjà vécu au moins une agression. Maintenant, la tendance s’inverse. Il y a de plus en plus de filles et de femmes qui suivent le cours à titre préventif. Et plusieurs reviennent pour témoigner de son utilité en expliquant comment elles se sont sorties d’une mauvaise situation grâce à ce qu’elles avaient appris.

 

Cela étant dit, si vous êtes une femme, je vous invite à vous inscrire au cours et à en parler autour de vous. Si vous êtes un homme, parlez-en aux femmes de votre vie ou offrez-leur le cours en cadeau.

 

 

Comment économiser?

 

Comme je l’ai dit, personne ne fait d’argent avec cette initiative; les 60 $ facturés ne servent qu’à donner vie au cours. On pourrait difficilement faire moins cher (à moins de couper dans les assurances, et ce ne serait bien sûr pas une bonne idée!). Il n’y a donc pas de promotion ou de carte de fidélité.

 

Le seul salaire d’Alain et de son équipe est la satisfaction qu’ils éprouvent à savoir qu’ils changent la vie de bien des femmes et les témoignages qu’ils reçoivent en ce sens.

 

 

 

Pour en savoir plus…

 

Site Web : https://academiemartiale.com/accueil/pour-femmes/

 

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